Le Labo – un espace d’art indépendant à Genève depuis 2008

Rockeries — ein Zopfstil

Claire Mayet

16.09 — 30.10.2026

Rockeries — ein Zopfstil est une exposition de Claire Mayet, invitée par Karen Alphonso dans le cadre de la programmation curatoriale du Labo. Pensé spécifiquement pour le lieu, le projet est présenté à l’occasion de Geneva Art Week et du Parcours Céramique Carougeois OFF.

Entre apparat et décor, Rockeries — ein Zopfstil déploie un monde de matières et de surfaces où l’apparence hésite entre matière et illusion.

La céramique est au point de départ de cette recherche. À travers ses expérimentations autour des émaux et des cuissons successives, Claire Mayet travaille la surface par strates, accumulations et transformations. Brillances, épaisseurs, coulures, craquelures et accidents composent des surfaces qui semblent posséder leur propre profondeur.

Coquillages, reliefs et rocailles prolifèrent à la surface d’une série de vases jusqu’à en troubler la silhouette. Le coquillage devient tour à tour matière, ornement et matrice. Le vase devient surface, la surface rocaille, la rocaille presque architecture.

De la matière à l’image

Cette recherche change ensuite d’échelle.

À partir de plaques d’émaux photographiées puis répétées, Claire Mayet réalise un papier peint. La matière passe ainsi d’un état à l’autre : la céramique devient photographie, la photographie motif, le motif surface.

Pour l’exposition, cette surface se déploie à l’échelle du Labo. Le papier peint vient recouvrir une architecture construite dans l’espace — parois, façade, niches et ouvertures — et agit comme une peau. Agrandis et multipliés, les accidents minuscules de l’émail deviennent environnement.

La matière devient image, l’image motif, le motif surface, la surface architecture.

Peu à peu apparaît l’idée d’un château. Non pas un château à reconstituer, mais ses signes : façade, fenêtre, niche, ornement. Une architecture fictive, entre forteresse et décor de théâtre, dans laquelle les vases répondent aux niches, les coquillages aux ornements et les émaux aux surfaces.

Rockeries — ein Zopfstil

Le titre lui-même joue de cette tension.

Rockeries convoque la rocaille, l’ornement, la prolifération et l’exubérance. Le Zopfstil désigne au contraire un moment de transition entre rococo et classicisme, où cet héritage ornemental rencontre davantage d’ordre, de structure et de retenue.

Le rapprochement est donc volontairement contradictoire. Faire tenir ensemble ce qui déborde et ce qui contient ; la rocaille et la structure ; l’apparat et sa construction ; l’ornement et ce qui le soutient.

Ein Zopfstil se présente presque comme une définition, tout en étant légèrement fausse. C’est précisément dans ce décalage — sérieux en apparence, mais non dépourvu d’ironie — que se situe la proposition curatoriale.

De l’objet au décor, puis du décor à l’architecture, un pli en appelle un autre : la matière devient image, l’image se répète, le motif prolifère et la surface envahit l’espace.

Tout décor possède pourtant un envers. À l’apparat répond la structure ; au grandiose, la fragilité de ce qui le fait tenir. Derrière la peau apparaissent la construction, l’assemblage et les conditions mêmes de l’illusion.


Vernissage — mercredi 16 septembre, 18h–21h
Dans le cadre de Geneva Art Week et du Parcours Céramique Carougeois OFF

Vendredi 18 septembre — 18 ans du Labo ?

Mardi 22 septembre, 18h30 — visite guidée

Espace Labo
Boulevard St-Georges 5
1205 Genève