Et bon été – Lyla Marsol

10 juin au 30 juillet 2021


(…) C’est un travail qui s’articule essentiellement autour de la couleur. Il tente également de créer une profondeur dans le champ visuel afin d’introduire le spectateur dans l’image, c’est alors qu’une réelle rencontre devient possible. Cette profondeur s’opère grâce à des superpositions de couches (ou de peintures, ou de matériaux) qui font osciller très légèrement les reliefs entre la 2D et la 3D. Il y a ainsi un processus similaire à une mise au point de l’œil qui agit comme une invitation à entrer.

Lyla Marsol a commencé par étudier le bijou contemporain à la HEAD / Haute Ecole d’Art et de Design Genève, puis au Royal College of Art de Londres. Il reste quelques traces techniques de cette période. Mais surtout il reste l’attrait pour une forme de préciosité, de sensualité. Un bijou, on a envie de le toucher et de le porter. Ce rapport au corps est automatique, Elle a un rapport similaire à l’art. Ses pièces parlent de cette constante physique. Entre autre au travers du jeu avec l’échelle ; de grands passepartouts qui laissent entrevoir de plus petites peintures.

Aura / Trauma (réplique des ondes profondes) – Andreas Hochuli – 25 03 21 – 23 05 21

L’exposition planifiée par Andreas Hochuli au Labo part de la notion d’indigo children, une génération d’enfants née des adeptes du New Age et possédant, selon eux, une sensibilité et des dispositions extraordinaires. Souvent inadaptés à la société en raison même de leurs talents, ils seraient destinés à transformer le monde en profondeur pour l’amener vers une ère de paix, l’ère du Verseau. Ils auraient entre eux des liens télépathiques leur permettant de se retrouver dans un espace interpersonnel que l’on nomme the grid (la grille, le réseau). Il s’agit ainsi d’une mythologie contemporaine parallèle au développement de la cybernétique, une version fantasmatique de l’élargissement des possibilités de communication et de la vision de la Terre comme système. 

En se servant de dessins d’enfants issus d’un téléfilm mièvre, d’une publicité apparue sur les réseaux sociaux, d’articles sur l’interprétation psychiatrique des dessins d’enfants, l’ensemble de tableaux qui sera présenté tentera d’interroger nos positions actuelles sur les questions de spiritualité et de réforme de la société, au travers d’un regard à la fois curieux, ironique et critique.

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Aura/Trauma (répliques des ondes profondes)
Andreas Hochuli
25 03 21 – 23 05 21


Avec le soutien du FMAC et du Fonds cantonal d’art contemporain, DCS, Genève

Pour l’exposition qui prend place dans les locaux du Labo en cette fin mars 2021, comme si nous enchaînions le programme prévu l’an dernier, Andreas Hochuli nous propose une série de huit tableaux évoquant à sa manière, technique de peinture inversée, le monde des croyances irrationnelles, de la psychiatrie infantile et de l’histoire des mouvements de pensée prospectifs ou alternatifs. Comme souvent dans sa pratique, le sens est suggéré, indiqué, supposé. Il se fait par ellipses graphiques, par élisions, laissant au spectateur le soin de reconstruire des histoires au sein du contexte esquissé.

Le cadre est tout d’abord indiqué par le titre, qui joue sur les sonorités et le rythme et se rallonge d’un sous-titre. Faisant allusion aux secousses sismiques, il évoque poétiquement les mouvements de la nature et de la psyché humaine, sous des airs pré- ou para-scientifiques: des vagues gravitent et emplissent un espace aux formes décuplées, se répercutant en diapason, à l’infini dans un univers où la télépathie et la communication se passeraient des appareils informatiques. Le mot réplique, outre l’allusion à un phénomène ondulatoire, se lirait aussi dans son sens théâtral et cinématographique, une intervention dans le jeu des acteurs dont la portée vient modifier une situation tant en profondeur qu’en surface.

Exposition aux strates multiples, les tableaux vibrent comme le feraient des êtres ultra-sensibles en présence de turbulences électriques ou de surcharge émotionnelle, entre fragilité et blindage social. Aura/Trauma nous ramène aux événement relatifs à l’enfance et aux traumatismes qui la construisent, tout comme à la notion d’aura telle qu’elle est imaginée dans les conceptions New Age, sous forme de couches colorées distinctes.

Les structures que l’on retrouve dans les peintures m’amènent à penser au film Tron de Steven Lisberger, sorti en 1982, explorant les visions d’un cyber espace précurseur à l’ère d’internet dont l’espace quadrillé démontrait les strates de communication possibles. D’autres références plus organiques ou plus sociales pourraient s’insérer dans les histoires d’Andreas Hochuli, comme Black Moon de Louis Malle, ou Jonas qui aura 20 ans en l’an 2000 d’Alain Tanner, qui explorent des possibles étranges, ce réel enrichi et inquiétant que l’on retrouverait aussi chez Buñuel ou Bergman. Mais ne nous éloignons pas trop en multipliant les références et les possibles.

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Andreas Hochuli s’est essentiellement inspiré d’un téléfilm un peu mièvre traîtant de la question des enfants indigo. Il s’immerge ainsi dans les théories post new age qui voient dans les comportements et l’imagination des enfants le signe d’une qualité extraordinaire, surhumaine. Cette nouvelle génération disposerait d’un don d’ubiquité mentale et aurait accès à un autre plan de perception, que cette fiction télévisuelle nomme The Grid, la grille. Ils seraient alors doublement perturbés dans le monde que nous connaissons, biaisé et déformé par les turbulences électriques. Celles-ci brouilleraient leurs communications, les réduisant au destin de l’antenne mal réglée du transistor, ou à l’état d’une tv cathodique dont l’écran laisserait le spectateur lui aussi méditatif, agenouillé devant le miroir noir d’une télévision éteinte.

Cette exposition est également une poursuite des recherches de l’artiste sur les mouvements de réforme de la vie (Lebensreform) nées dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et qui exploraient déjà les rapports de l’humain à la nature, adaptaient les spiritualités orientales aux modes de vie occidentaux, repensaient la pédagogie, la danse, l’habillement et l’alimentation, notamment dans des communautés telle le Monte Verità. En élargissant la chronologie, il fait le pont avec les croyances et événements de la seconde moitié du 20e siècle, ses années 60, ses utopies et luttes, dans l’optique de pouvoir penser notre présent, nos envies, nos espoirs défaillants et nos politiques.

L’exposition est visible jusqu’au 23 mai 2021 du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous: contact@espacelabo.net

Aura/Trauma (répliques des ondes profondes)
Andreas Hochuli
25.03.21 — 23.05.21

Le Labo reçoit le soutien de la Ville de Genève

Voir projet

Biographie de Andreas Hochuli

Je suis né à Zurich le 17 octobre 1982, à 12h26. Après deux ans et demi de vie en Argovie, dont mes parents sont originaires, la famille a déménagé à Bordeaux, où nous passons dix années. En 1995, nous arrivons dans le canton de Vaud, à Avenches, où je continue ma scolarité, jusqu’à m’installer à Lausanne en 2003 pour commencer des études en Lettres à l’Université de Lausanne. Après quatre ans d’études et un certain découragement du monde académique, je quitte cette voie pour passer le concours de l’ECAL, où je ferais mes 3 ans de Bachelor. Grand lecteur, pratiquant la peinture depuis mon adolescence, j’amadoue la liberté intellectuelle permise dans la pratique de l’art. Marqué encore à cette époque par les formes expressionnistes (Bacon, Freud), notamment la peinture dramatisée des années 80 allemandes (Salomé, Luciano Castelli, Rainer Fetting, Kippenberger), je découvre des voies plus conceptuelles, et cherche de nouvelles solutions dans ma pratique picturale, qui me semblait bloquée dans dans des questions de reproductibilité et de transposition de l’image photographique. Je cherche alors un moyen de créer des tableaux qui soient une tranche du monde, une carotte géologique dans le réel, abordé par une multitude de disciplines (cinéma, littérature), d’opinions et de positions. Je développe ainsi une peinture contenant du texte et des images trouvées, collectées, digérées. A la fin de mes études, je fais une première exposition à l’espace Curtat Tunnel à Lausanne, accueilli par Philippe Daerendinger, puis une autre à Wallriss, à Fribourg, lançant une pratique de l’exposition régulière, danslaquelle je continue à m’interroger sur les moyens qui permettent à la peinture de rester pertinente et dérangeante, toujours sur une crête inconfortable entre simplicité un peu idiote et intellectualité, entre morale et liberté de jugement.
De 2011 à 2013, je travaille comme assistant en Master d’arts visuels à l’ECAL puis je ressens le besoin de m’éloigner quelque peu de mon microcosme lausannois. Je passe donc deux ans à Leipzig, puis deux autres à Berlin avant de revenir en Suisse, m’installant dans une colocation à Genève. En 2014, encore en pleine solitude post-éxotique à Leipzig, je gagne une bourse fédérale d’art. En 2017, avec mon collègue Tristan Lavoyer, nous ressuscitons notre intérêt pour la pratique musicale que nous avions commencée à l’école d’art (avec aussi Axelle Stiefel) et fondons le groupe L’acte pur, avec lequel nous avons fait de nombreux concerts à l’occasion de nos vernissages respectifs et dans des lieux artistiques. Venant confirmer que cette pratique parallèle fait sens, nous avons en 2020 été sélectionnés avec ce projet pour les Bourses fédérales d’art, qui finiront malheureusement annulées pour raisons sanitaires globales.

Wall Paper, La fin 10 janvier – 10 mars 2021

La Fin, Arnaud Sancosme

Pour la fin de l’exposition Wall Paper, les artistes ayant participer au projet sont invités à présenter une œuvre qui sera présentée sur les tapisseries réalisées ces derniers mois.

En raison des mesures liées au Covid-19, l’exposition Wall Paper est prolongée de manière indéterminé et reste visible à travers la vitrine.