STÉRÉOTROPISMES

du 15.05 au 03.06.12
STÉRÉOTROPISMES
une exposition de Gaël Grivet
Avec Francesco Huber et Isaline Vuille

Dans la nouvelle «l’École du prieuré», Sherlock Holmes et le docteur Watson découvrent des traces qui semblent provenir de la bicyclette de l’homme qu’ils recherchent. Holmes affirmant que le vélo s’éloignait de l’Ecole, Watson lui répond qu’il aurait également pu s’y diriger. S’en suit une démonstration de Holmes suivant laquelle la trace de la roue arrière est la plus épaisse car le poids y est supérieur, et il est notable qu’elle oblitère celle de la roue avant en plusieurs endroits, permettant de déterminer la direction du vélo.
Malgré l’effet produit par l’esprit déductif de Holmes, la démonstration est fausse, car la roue arrière oblitère de toute manière la roue avant, peu importe sa direction. Mais il aura fallu attendre 1996 pour que deux mathématiciens, Konhauser et Rodriguez réfutent la conclusion du détective et proposent une méthode rigoureuse pour déterminer la direction d’une bicyclette d’après ses traces.
L’installation «stéréotropismes», est issue de discussions entre Gaël Grivet et Francesco Huber, mathématicien, dont le sujet de mémoire portait sur ce sujet. L’exposition intègre également un texte d’Isaline Vuille, historienne d’art et curatrice, sur la «nécessaire» absence de l’artiste.


Dans la partie vitrine du Labo une oeuvre qui prend pour base un événement relaté par le texte suivant :
Ainsi que nous l’avons annoncé hier, M.Reichelt, inventeur d’un nouveau parachute pour aviateur, devait expérimenter son appareil ce matin. A huit heure, en présence d’un certain nombre de curieux, il s’élança, ainsi qu’il l’avait annoncé, de la première plate-forme de la Tour Eiffel. Par malheur, son engin ne fonctionna pas et l’audacieux inventeur vint s’écraser lamentablement sur le sol, y creusant un trou de quatorze centimètres. On se précipita à son secours, mais quelques secondes après son effroyable chute, il avait cessé de vivre. Son corps a été transporté immédiatement au poste du Gros-Caillou, où on constata qu’il avait le crâne et la colonne vertébrale fracturés ; de là il fut conduit à son domicile, rue Gaillon. L’infortuné inventeur était agé de trente-deux ans : il était célibataire.
D’après : Journal Débats politiques. 4 février 1912