Aura / Trauma (réplique des ondes profondes) – Andreas Hochuli – 25 03 21 – 23 05 21

L’exposition planifiée par Andreas Hochuli au Labo part de la notion d’indigo children, une génération d’enfants née des adeptes du New Age et possédant, selon eux, une sensibilité et des dispositions extraordinaires. Souvent inadaptés à la société en raison même de leurs talents, ils seraient destinés à transformer le monde en profondeur pour l’amener vers une ère de paix, l’ère du Verseau. Ils auraient entre eux des liens télépathiques leur permettant de se retrouver dans un espace interpersonnel que l’on nomme the grid (la grille, le réseau). Il s’agit ainsi d’une mythologie contemporaine parallèle au développement de la cybernétique, une version fantasmatique de l’élargissement des possibilités de communication et de la vision de la Terre comme système. 

En se servant de dessins d’enfants issus d’un téléfilm mièvre, d’une publicité apparue sur les réseaux sociaux, d’articles sur l’interprétation psychiatrique des dessins d’enfants, l’ensemble de tableaux qui sera présenté tentera d’interroger nos positions actuelles sur les questions de spiritualité et de réforme de la société, au travers d’un regard à la fois curieux, ironique et critique.

Biographie de Andreas Hochuli


Je suis né à Zurich le 17 octobre 1982, à 12h26. Après deux ans et demi de vie en Argovie, dont mes parents sont originaires, la famille a déménagé à Bordeaux, où nous passons dix années. En 1995, nous arrivons dans le canton de Vaud, à Avenches, où je continue ma scolarité, jusqu’à m’installer à Lausanne en 2003 pour commencer des études en Lettres à l’Université de Lausanne. Après quatre ans d’études et un certain découragement du monde académique, je quitte cette voie pour passer le concours de l’ECAL, où je ferais mes 3 ans de Bachelor. Grand lecteur, pratiquant la peinture depuis mon adolescence, j’amadoue la liberté intellectuelle permise dans la pratique de l’art. Marqué encore à cette époque par les formes expressionnistes (Bacon, Freud), notamment la peinture dramatisée des années 80 allemandes (Salomé, Luciano Castelli, Rainer Fetting, Kippenberger), je découvre des voies plus conceptuelles, et cherche de nouvelles solutions dans ma pratique picturale, qui me semblait bloquée dans dans des questions de reproductibilité et de transposition de l’image photographique. Je cherche alors un moyen de créer des tableaux qui soient une tranche du monde, une carotte géologique dans le réel, abordé par une multitude de disciplines (cinéma, littérature), d’opinions et de positions. Je développe ainsi une peinture contenant du texte et des images trouvées, collectées, digérées. A la fin de mes études, je fais une première exposition à l’espace Curtat Tunnel à Lausanne, accueilli par Philippe Daerendinger, puis une autre à Wallriss, à Fribourg, lançant une pratique de l’exposition régulière, danslaquelle je continue à m’interroger sur les moyens qui permettent à la peinture de rester pertinente et dérangeante, toujours sur une crête inconfortable entre simplicité un peu idiote et intellectualité, entre morale et liberté de jugement.
De 2011 à 2013, je travaille comme assistant en Master d’arts visuels à l’ECAL puis je ressens le besoin de m’éloigner quelque peu de mon microcosme lausannois. Je passe donc deux ans à Leipzig, puis deux autres à Berlin avant de revenir en Suisse, m’installant dans une colocation à Genève. En 2014, encore en pleine solitude post-éxotique à Leipzig, je gagne une bourse fédérale d’art. En 2017, avec mon collègue Tristan Lavoyer, nous ressuscitons notre intérêt pour la pratique musicale que nous avions commencée à l’école d’art (avec aussi Axelle Stiefel) et fondons le groupe L’acte pur, avec lequel nous avons fait de nombreux concerts à l’occasion de nos vernissages respectifs et dans des lieux artistiques. Venant confirmer que cette pratique parallèle fait sens, nous avons en 2020 été sélectionnés avec ce projet pour les Bourses fédérales d’art, qui finiront malheureusement annulées pour raisons sanitaires globales.

Wall Paper, La fin 10 janvier – 10 mars 2021

La Fin, Arnaud Sancosme

Pour la fin de l’exposition Wall Paper, les artistes ayant participer au projet sont invités à présenter une œuvre qui sera présentée sur les tapisseries réalisées ces derniers mois.

En raison des mesures liées au Covid-19, l’exposition Wall Paper est prolongée de manière indéterminé et reste visible à travers la vitrine.