La figure du héros en question (Le principe d’inconsistance)

La figure du héros en question
(Le principe d’inconsistance)*

20 05 17 — 18 06 17

Martin Widmer

*[À propos d’un inanimé abstr.] Caractère irréel, immatériel (de quelque chose). L’inconsistance d’un songe, de la pensée, de la rêverie. Le passé perdait de sa certitude et prenait l’inconsistance du rêve. (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 243)

Martin Widmer est un artiste genevois dont les médiums principaux sont la photographie et l’écriture. Récemment, Widmer s’est mis à utiliser les matériaux bruts qui constituent habituellement l’objet photographique : verre, plaque d’aluminium, colle, bois, carton, pour créer des installations dans lesquelles le spectateur se trouverait, comme c’est le cas dans cette exposition, en quelque sorte immergé dans le dispositif même de l’image. Les textes que l’artiste écrit sont rédigés sous autohypnose ainsi qu’à l’aide d’un jeu de cartes : Stratégies Obliques (celui-ci a été inventé, entre autres, par le musicien Brian Eno). Ces textes prolongent, dans un autre espace, le travail plastique de l’artiste.

Pour le projet au Labo, Martin Widmer a tout d’abord écrit, lors d’une séance sous autohypnose, un texte dans lequel il se rend à son propre vernissage au Labo. Il découvre alors son exposition, qu’il ne connaît pas, en même temps que les spectateurs. Ce texte sera lu, avec d’autres, lors d’une soirée de lecture pendant l’exposition (la date sera communiquée ultérieurement). Nous pouvons néanmoins trouver dans l’exposition le plan de cette autre exposition.

L’exposition réelle, visible, dans les espaces du labo, peut être vue, quant à elle, comme une seule grande installation constituée de deux ensembles. Néanmoins, chaque pièce peut être également considérée comme une oeuvre indépendante. L’ensemble peut se voir comme une déconstruction de l’objet photographique en un dispositif installatif et sculptural. Un texte, Simple Soustraction, écrit toujours sous autohypnose ainsi qu’avec le même jeu de cartes, est inséré dans l’installation.


L’exposition, La figure du héros en question, est principalement constituée de photographies que l’artiste efface, détruit, à l’aide d’acétone ou en utilisant une ponceuse. L’artiste a commencé, avec ces travaux, à détruire ses propres archives d’oeuvres. Paradoxalement en faisant ce geste Martin Widmer crée de nouvelles pièces qui feraient presque penser à des peintures. Ces étranges tableaux abstraits, inattendus, apparaissent sur les supports de manière hasardeuse lors d’un protocole dans lequel l’artiste a quelques moyens d’intervenir mais seulement de manière limitée. Comme c’est souvent le cas dans son travail, ce n’est pas tant la disparition qui intéresse l’artiste mais ce qui apparaît à la place de ce qui à disparu. Si certaines oeuvres font appel au hasard d’autres dévoilent l’envers des images comme cette carte de jeu posée à l’envers sur un cahier, lui-même, posé sur une tache de colle mélangée à du marc de café. De la même façon, l’envers d’un mode d’emploi de carton plume fait apparaître l’image un peu enfantine d’un dessin d’une petite fille. Plus loin, un dessin au crayon réalisé sous hypnose complète cette exposition dans laquelle tout semble s’être fait en dehors de la maîtrise et de la volonté de l’artiste plaçant celui-ci dans un rôle de spectateur de l’apparition de sa propre oeuvre.

www.martinwidmer.com

L’exposition a été réalisé avec le soutien du Fonds cantonal d’art contemporain, OCCS – DIP, Genève

 

 

 

Autres vues d’expositions avec le regard d’artiste de Martin Widmer:

Crédit photo Martin Widmer